Mobilisant plus de 1000 aviateurs et une cinquantaine d'aéronefs dispersé sur une douzaine de bases aérienne, VOLFA 2025 a constitué le sommet de la préparation opérationnelle française, confirmant la volonté de l'AAE de maintenir un haut niveau de préparation au plus près des réalités du combat moderne. L'objectif principal de l'exercice était clair : développer et améliorer l'interopérabilité et la résilience des participants, notamment en vue de leur engagement dans une force de réaction rapide de l'OTAN (NRF).
Dassault Mirage 2000D - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 3/3 "Ardennes"
L'environnement multi-milieux multi-champs (M2MC) a été une source doctrinale majeure. Ce concept englobe les milieux traditionnels (Air, Terre, Mer) et y intègre également :
- La guerre dans le champ électromagnétique (GCEM) : Une priorité stratégique pour l'AAE, visant à dominer le spectre pour garantir la supériorité opérationnelle. Les équipes ont opéré dans des zones contestées avec un environnement de brouillage et de guerre électronique particulièrement dense. Une chaîne de commandement de la GCEM a été mise en œuvre, avec des actions de surveillance, de défense et d'attaque dans le spectre électromagnétique.
- Le Spatial et la Très Haute Altitude.
- La dimension Cyber et la lutte informationnelle.
La dimension interarmées et interalliée a également été un des éléments clef de VOLFA. Quatre forces armées étrangères ont ainsi participé à cette édition. Les détachements britanniques (un A400M) et Canadiens (un CC-130J-30) étaient déployé depuis la base aérienne 123 d'Orléans-Bricy, tandi que ceux provenant de Grèce (quatre F-16C/D) et d'Italie (trois Tornado IDS/ECR) opéraient depuis la BA118 de Mont-de-Marsan.
La coopération nationale a été renforcée par l'engagement de la Marine nationale (avec des Rafale M, un E-2C et une Frégate Multi-Missions (FREMM)) et de l'Armée de Terre (contribuant notamment via l'exercice AEGIS fournissant un environnement réaliste de défense sol-air multicouches). De plus, l'exercice VOLFA a été mené en concomitance avec l'exercice de lutte anti-drones de l'OTAN de niveau 3, WILDFIRE 25, conduit par la Marine nationale, impliquant des manœuvres conjointes maritimes et aériennes.
Dassault Rafale C - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 1/5 "Vendée"
Dassault Mirage 2000D - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 3/3 "Ardennes"
Le FRA-ACE repose sur une empreinte logistique et humaine minimale, permettant de déployer une puissance aérienne mobile et adaptable dans un environnement potentiellement hostile, notamment en déplaçant régulièrement les éléments de force entre différents terrains d'accueil (ou bases de desserrement). Ce dispositif permet à l'AAE de constituer un réseau de bases aériennes partenaires, renforçant la présence française en Europe et consolidant les partenariats stratégiques. Des dispersions de chasseurs ont d'ailleurs été simulées notamment depuis la BA118 vers la BA126 de Solenzara en Corse, au plus fort de la campagne.
Cette approche a été couplée au continuum BASEX - VOLFA. L'imbrication de l'exercice BASEX (semestriel de protection et défense des bases aériennes) avec VOLFA a permis une approche de bout en bout, incluant la protection des bases, leur mise en alerte, leur défense, et la gestion des dispersions sous faible préavis. BASEX a notamment testé la capacité à réagir à des attaques fictives (cinétiques ou non) par des procédures d'alerte, de défense sol-air, de lutte anti-drones, et de gestion des explosifs.
Dassault Rafale B - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 2/4 "La Fayette"
- Mettre en œuvre une chaîne de commandement dédiée à la GCEM.
- Conduire des actions de surveillance, de défense et d'attaque dans le spectre.
- Opérer en synergie avec les unités spécialisées du Centre d'Expertise Aérienne Militaire Air Warfare Center (CEAM-AWC) basé à Mont-de-Marsan et l'Escadron de Renseignement et de Guerre Électromagnétique (ERGE) déployé dans le centre de la France.
- Intégrer des moyens de simulation de menaces électromagnétiques (ARPEGE) et de brouillage (NEPTUNE pour le GPS, SCRIBE/BLADE pour la radio), notamment depuis le Massif Central.
Airbus A330-200MRTT Phénix - Armée de l'Air et de l'Espace - ETP 3/31 "Landes"
Airbus A330-200MRTT Phénix - Armée de l'Air et de l'Espace - ETP 3/31 "Landes"
La journée a débuté par un briefing détaillé de la mission afin de passer en revue tous les aspects importants du vol :
- Timing : Début du roulage à 10h05 et décollage à 10h15 pour un vol de 3h30. Un total de 24 appareils à ravitailler (une "clientèle" particulièrement conséquente pour un seul avion ravitailleur, même pour un MRTT) dont des Tornado, des F-16, des Mirage 2000 et des Rafale avec un premier contact prévu à 10h35.
- Configuration particulière de l'appareil : Décollage en configuration de masse max établie à 90 tonnes.
- Les zones de ravitaillement (hippodromes) : Deux hippodromes définis et situées dans une zone entre les Calanques et la Corse (proche de l’axe Léa en D54).
- Les éléments de sécurité : Vérification des conditions météo (notamment des zones de turbulences), des NOTAMs, des aéroports de déroutement, de l’état technique de l'appareil et des menaces potentielles.
- Les particularités des avions receveurs : Chaque type d’appareil ayant une vitesse de contact et un taux de transfert bien précis, les particularités de chaque receveur sont donc passées au crible. Ainsi pour les Tornado la vitesse sera de 270 kts avec un débit de 0,5 tonne/min via les systèmes de pods « probe-and-drogue » (tuyau souple + panier) placés de part et d’autre du MRTT sous chaque aile. Les Rafale et Mirage 2000 se ravitaillent via le même système mais à une vitesse plus élevée se situant autour des 300 kts. Le débit sera de 0,5 tonne/min pour les Mirage 2000 et d’1 tonne/min pour les Rafale, ce qui correspond au débit max possible sur tuyaux souples. Quant au F-16, la vitesse sera de 290 nœuds pour un débit compris entre 1 et 3 tonnes/min, cette fois-ci via le système « flying boom », c’est-à-dire la perche rigide centrale installée sous la queue de l’avion.
À 10h05 précise, confortablement installés à bord, nous commençons le roulage vers la piste 33, puis, à l'heure dite, nous décollons et entamons rapidement un large virage à gauche en direction de notre premier hippodrome situé au large des côtes marseillaises. À 10h35, comme prévu, les premiers clients, deux Tornado IDS italiens (indicatif COUGAR), sont déjà annoncés et en position dans le sillage du MRTT. Le timing étant très serré, les équipages italiens sont autorisés à effectuer une rejointe directe sur le Phénix sans avoir besoin de rejoindre la position d’attente à gauche du ravitailleur comme le veut la procédure standard. Sur ordre de l’ARO, les Tornado sont rapidement autorisés au contact pour un ravitaillement en duo de chaque côté de notre avion. Après 5 minutes de biberonnage, les deux jets se déconnectent, se rassemblent sur notre aile droite avant d’accélérer pour poursuivre leur mission. Notre MRTT de son côté change de cap pour se rapprocher de la Corse en direction du second hippodrome prévu pour cette mission.
Panavia Tornado IDS - Italian Air Force - 6° Stormo
En l’espace de quelques heures, le Phénix aura transféré 63 tonnes de carburant à 20 appareils engagés dans l’exercice, qu’ils soient des forces bleues (amies) ou rouges (ennemies). Seuls les Mirage 2000-5 initialement prévus dans la mission annulèrent leur venu. Un beau bilan qui rappelle une fois de plus l’importance du rôle des MRTT dans la projection des capacités de combat de l’armée de l’air et de l’espace partout où cela est nécessaire.
Airbus A330-200MRTT Phénix - Armée de l'Air et de l'Espace - ETP 3/31 "Landes"
Dassault Mirage 2000D - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 1/3 "Navarre"
Dassault Rafale B - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 2/4 "La Fayette"
Dassault Rafale B - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 2/4 "La Fayette"
Panavia Tornado IDS - Italian Air Force - 6° Stormo
Dassault Rafale C - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 1/30 "Normandie-Niemen"
Dassault Mirage 2000D - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 2/3 "Champagne"
Lockheed Martin F-16D Fighting Falcon - Hellenic Air Force - 110 PM / 337Mira "Fantasma"
Panavia Tornado IDS - Italian Air Force - 6° Stormo
Panavia Tornado IDS - Italian Air Force - 6° Stormo
Dassault Rafale C - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 1/30 "Normandie-Niemen"
Panavia Tornado IDS - Italian Air Force - 6° Stormo
Airbus A330-200MRTT Phénix - Armée de l'Air et de l'Espace - ETP 3/31 "Landes"
Eurocopter EC-725R2 Caracal - Armée de l'Air et de l'Espace - EH 1/67 "Pyrénées"
Dassault Rafale B - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 1/30 "Côte d'Argent"
Panavia Tornado IDS - Italian Air Force - 6° Stormo
Dassault Rafale B - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 1/30 "Côte d'Argent"
Panavia Tornado IDS - Italian Air Force - 6° Stormo
Lockheed Martin F-16C Fighting Falcon - Hellenic Air Force - 110 PM / 337Mira "Fantasma"