Texte & photos : Julien Gernez
VOLFA est un exercice majeur, devenu incontournable pour la préparation aux opérations de haute intensité des différentes composantes conventionnelles de l’Armée de l’Air et de l’Espace. Organisée du 26 septembre au 14 octobre depuis la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan, cette édition 2022 dite "nouvelle génération" a réuni une coalition internationale autour d’un scénario complexe couvrant l’ensemble des dimensions du combat. Pendant trois semaines, près de 1000 aviateurs français, portugais, grecs, italiens, canadiens, émiratis, américains et espagnols ont été mobilisés, mettant en œuvre une soixantaine d’aéronefs. Depuis sa création en 2015, l’exercice n’avait jamais atteint une telle ampleur en termes de moyens engagés. Le contexte géopolitique tendu du moment n’est sans doute pas étranger au réveil des consciences et à cet intérêt croissant pour ce type d’entraînement.

Airbus A400M Atlas - Armée de l’Air et de l’Espace - ET 1/61 “Touraine”

Dassault Mirage 2000D - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 2/3 "Champagne"

Nouvelle génération :
VOLFA "nouvelle génération" se distingue par sa dimension interarmées, interalliée et international. Conçu selon une approche multicouche, il se déroule dans des environnements multimilieux et multichamps intégrant toutes les dimensions du combat : air, terre, mer, 3e dimension, cyber (attaque informatique), espace (satellite) ou encore lutte informationnelle (fake-news). L’objectif est de s’exercer face aux nouvelles menaces, de couvrir un large éventail de compétences et de répondre aux exigences du combat moderne.
Organisé par le Commandement des Forces Aériennes (CFA) et orienté vers le concept d’"Entry Force", l’exercice repose sur un scénario complexe, réaliste et évolutif et est élaboré dès le mois de janvier par les experts du renseignement du CECC (Centre Expert du Combat Collaboratif). Même si l'actualité géopolitique de ces derniers mois a été et continue d'être suivie de très près par nos armées, celle-ci n'a pas eu d'incidence sur l'élaboration du script.
Grosso modo, le scénario mettait en scène une crise internationale majeure mais fictive dans laquelle le Greenland, pays allié, était attaqué et envahi par son voisin, le Redland. Sous l’égide de l’ONU, une coalition internationale menée par le Blueland (la France) avait alors pour mission de repousser l’agresseur hors des frontières du Greenland et de neutraliser ses capacités offensives et de commandement.
Au total, vingt-deux missions de type COMAO ont été réalisées, à raison de deux à trois par jour, de jour comme de nuit. Celles-ci mettaient en exergue l’ensemble du spectre des missions conventionnelles : supériorité aérienne (CAP - Combat Air Patrol, OCA - Offensice Counter-Air), attaque au sol (CAS - Close Air Support, SEAD - Suppression of Enemy Air Defenses), recherche et sauvetage (CSAR - Combat Search and Rescue, PR – Personnel Recovery), reconnaissance (ISR - Intelligence, Surveillance and Reconnaissance, SCAR – Strike Coordination and Reconnaissance), projection de forces ou encore protection (SLOMO pro - Slow Mover protection, HVAA pro - High Value Air Asset protection). Si les grandes lignes du scénario étaient connues des équipages, son évolution était directement influencée par les résultats des missions précédentes. De ce fait, chaque matin, une mise à jour était ainsi communiquée aux équipages. Pour les besoins de l'exercice, trois zones d’entraînement ont été utilisées : la TSA43 dans le Massif central, la TSA34 dans le Sud-Ouest et la zone ZENA dans le golfe de Gascogne, cette dernière étant compatible avec le travail sur Meteor. Une première semaine de familiarisation a permis aux participants étrangers de s’approprier ces espaces, Celle-ci a ensuite laissé la place à deux semaines intensives dites "Live" comprenant une montée en puissance progressive.

Panavia Tornado IDS - Italian Air Force - 6° Stormo

Des moyens aériens importants :
De nombreuses bases aériennes françaises comme Mont-de-Marsan, Istres, Cazaux, Cognac, Nancy et Saint-Dizier ainsi que l’aéroport de Périgueux ont été mobilisés dans l'exercice. Les moyens engagés par l’Armée de l’air et de l’espace étaient considérables : une dizaine de Rafale, quatre Mirage 2000D, quatre Mirage 2000-5, quatre Caracal, quatre Fennec ainsi que deux C-130, un A400M, un CN-235, un Reaper et un E-3F. À cela, s’ajoutaient quatre Alpha Jet, deux Mirage 2000B et quatre autres Rafale dans le rôle des "Red Air" du Redland ainsi que des systèmes de défense sol-air Mamba / SA8, des radars, une station de brouillage "Scrib", et même une frégate multi-missions et des Rafale M de la Marine nationale. L’armée de Terre participait également avec des opérateurs de défense sol-air et des troupes aéroportées. L’exercice intégrait en outre des capacités simulées, injectées via liaison de données, afin de complexifier encore les scénarios.
Dans une volonté de renforcer la coopération interalliés et l’interopérabilité, de nombreuses forces aériennes étrangères ont été invité. Celles-ci ont répondu massivement à l'invitation du Commandement des Forces Aériennes. VOLFA 2022 a ainsi vu l’engagement de moyens variés, parmi lesquels deux Tornado IDS italiens, quatre EF-18M Hornet espagnols, deux CC-130J Hercules canadiens, un MC-130J Combat Talon américain, cinq F-16AM portugais, quatre F-16C/D grecs et enfin quatre F-16E/F, un C-17 et un A330 MRTT émiratis. En parallèle, près d’une dizaine d’autres pays, dont l’Australie, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Japon, l’Égypte, l’Inde, Chypre et la Géorgie, étaient présents en tant qu’observateurs, venus tirer parti de l’expertise française dans le domaine des opérations de haute intensité et du concept d’"Entry Force". La présence des émiratis revêtait d’ailleurs un caractère inédit, puisqu’il s’agissait de la première participation d’un détachement des UAE à un exercice sur le sol français. Habitués à s’entraîner régulièrement avec les forces françaises grâce au déploiement permanent de Rafale sur la base d’Al Dhafra, leurs équipages ont cette fois évolué dans un environnement différent. 
Les Émirats Arab Unis procèdent une flotte de 78 F-16 dont 56 F-16E monoplaces et 22 F-16F biplaces, tous mis en œuvre par les Shaheen Sqn, basés également  à Al Dhafra. Baptisés "Desert Falcon" et spécialement développé pour les UAE, le F-16E/F est une version extrapolé de F-16C/D block 50/52. Profondément modernisée, ils intégrant de nombreuses améliorations touchant notamment le radar, l'avionique, la propulsion, l'armement, les flux de données, la guerre électronique, etc...). De l'extérieur, hormis leur camouflage clair qu'ils sont les seuls à porter, les "Desert Falcon" se distinguent notamment du fait qu'ils sont les seuls F-16 à ne pas avoir de tube pitot à l'extrémité du radôme, les rendant facilement identifiables.

Dassault Rafale B - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 1/4 "Gascogne"

Lockheed Martin F-16F Desert Falcon - United Arab Emirates Air Force - Shaheen Squadron

Vol tactique à bord d'un A400M :
La coalition internationale ayant subi des pertes, la mission de l’après-midi du jeudi 6 octobre consistait à effectuer un largage de commandos parachutistes à basse altitude au-dessus du Massif central, afin de renforcer les troupes engagées. Pour cette opération, cinq avions de transport dont trois C-130, un CN-235 et un A400M, ont pénétré les lignes ennemies en vol tactique à très basse altitude (TBA), dans le but d’atteindre une zone de largage située en plein territoire contesté. Ce type de vol, réalisé au plus près du relief, est essentiel pour la survie des appareils de transport, il permet de réduire la détection et de mieux éviter les menaces. Cependant, les conditions de visibilité sur zone se sont révélées insuffisantes. Le commandant de bord a donc choisi de ne pas prendre le risque d’effectuer le largage dans ces circonstances et de tenter une seconde approche quelques minutes plus tard. Celle-ci s’étant également avérée infructueuse, la mission de largage a finalement été annulée pour des raisons de sécurité ; rappelons qu’il s’agissait ici d’un exercice. L’équipage a alors fait demi-tour en direction de la base aérienne de Mont-de-Marsan. La mission étant toujours considérée comme active, le retour s’est donc effectué au plus près du sol, toujours en vol tactique, offrant ainsi aux médias présents à bord un aperçu concret des capacités de l’A400M "Atlas" et de ce qu'il a dans le ventre. Après environ deux heures de vol particulièrement sportif, dont 1 h 30 à très basse altitude, l’appareil a finalement atterri sur la BA118.

Culturellement très enrichissant, VOLFA a permis à tous les intervenants d’œuvrer ensemble dans la haute intensité et d’améliorer encore leur interopérabilité dans un contexte de haute intensité. Au total, plus de 1100 heures de vol réparties sur 557 sorties ont été réalisées, établissant un nouveau record pour cet exercice.

Remerciement au Général de brigade aérienne SABéNé, commandant le CFA, au Colonel GILLES, directeur de l’exercice, au Colonel HERPIN, commandant la BA118, ainsi qu’au Sirpa Air et à la cellule communication de la BA118 pour leur accueil et leur disponibilité lors de cette journée fort enrichissante.
__________________

Dassault Rafale C - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 3/30 "Lorraine"

Dassault Rafale C - Armée de l'Air et de l'Espace - ETR 3/4 "Aquitaine"

Dassault Rafale C - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 2/30 "Normandie-Niemen"

Dassault Rafale C - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 3/30 "Lorraine"

Dassault Rafale C - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 3/30 "Lorraine"

Dassault Rafale C - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 2/30 "Normandie-Niemen"

Dassault Rafale C - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 2/30 "Normandie-Niemen"

Dassault Rafale C - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 2/30 "Normandie-Niemen"

Dassault Rafale B - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 1/4 "Gascogne"

Dassault Rafale B - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 1/4 "Gascogne"

Dassault Rafale B - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 1/4 "Gascogne"

Dassault Rafale B - Armée de l'Air et de l'Espace - ECE 1/30 "Côte d'Argent"

Dassault Rafale B - Armée de l'Air et de l'Espace - ECE 1/30 "Côte d'Argent"

Lockheed Martin F-16C Fighting Falcon - Hellenic Air Force - 115 PM / 340 Mira "Alepou"

Lockheed Martin F-16E Desert Falcon - United Arab Emirates Air Force - Shaheen Squadron

Lockheed Martin F-16E Desert Falcon - United Arab Emirates Air Force - Shaheen Squadron

Lockheed Martin F-16F Desert Falcon - United Arab Emirates Air Force - Shaheen Squadron

Lockheed Martin F-16E Desert Falcon - United Arab Emirates Air Force - Shaheen Squadron

Lockheed Martin F-16F Desert Falcon - United Arab Emirates Air Force - Shaheen Squadron

Lockheed C-130J-30 Super Hercules - German Air Force - Binational Air Transport Squadron

Dassault Mirage 2000-5 - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 1/2 "Cigognes"

Dassault Mirage 2000-5 - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 1/2 "Cigognes"

Dassault Mirage 2000D - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 2/3 "Champagne"

Dassault Mirage 2000D - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 1/3 "Navarre"

Dassault Mirage 2000D - Armée de l'Air et de l'Espace - EC 2/3 "Champagne"

Panavia Tornado IDS - Italian Air Force - 6° Stormo

Panavia Tornado IDS - Italian Air Force - 6° Stormo

Panavia Tornado IDS - Italian Air Force - 6° Stormo

Panavia Tornado IDS - Italian Air Force - 6° Stormo

General Dynamics F-16AM Fighting Falcon - Portuguese Air Force - Esq201 "Falcões"

Eurocopter EC-725R2 Caracal - Armée de l’Air et de l’Espace - EH 1/67 “Pyrénées”

General Dynamics F-16AM Fighting Falcon - Portuguese Air Force - Esq301 "Jaguares"

Eurocopter EC-725R2 Caracal - Armée de l’Air et de l’Espace - EH 1/67 “Pyrénées”

Lockheed Martin CC-130J-30 Super Hercules - Canadian Air Force - 8 Wing

Socata TBM-700 - Armée de l'Air et de l'Espace - CEAM
Back to Top