Texte & photos : Julien Gernez & Thomas Pougheon
Depuis sa création au milieu du XXe siècle, l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (ALAT) n’a cessé de faire évoluer la manœuvre aéroterrestre en donnant aux forces terrestres la capacité d’agir dans la troisième dimension. Aujourd’hui, elle constitue un acteur essentiel de l’aérocombat, où la maîtrise des airs, la mobilité et la réactivité contribuent directement à l’efficacité des opérations. Au cœur de cette capacité se trouve l’École de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (EALAT), implantée sur le site de la Base École Général Lejay (BEGL), au Cannet-des-Maures, à proximité du Luc-en-Provence. Véritable clé de voûte dans le domaine de la formation tactique, cet organisme d’instruction, reconnu pour son expertise au-delà des frontières nationales, façonne depuis près de sept décennies, les femmes et les hommes appelés à servir au sein des régiments d’hélicoptères de combat et au-delà.

Sud-Aviation SA-342M Gazelle - Aviation Légère de l'Armée de Terre

L’École de l'aviation légère de l'armée de Terre, bref historique et organisation :
L’histoire de l’instruction aéronautique au sein de l’armée de Terre s’inscrit dans une profonde évolution des moyens de combat au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Aux côtés des avions légers d’observation, les premiers hélicoptères ouvrent progressivement de nouvelles perspectives, notamment dans les domaines de l’évacuation sanitaire, de l’observation et de l’appui aux forces. La création officielle de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (ALAT), en 1954, marque une étape décisive dans cette évolution et fait rapidement apparaître la nécessité de structurer une filière de formation spécialisée. Créé en 1957, le centre d’instruction connaît plusieurs implantations successives, d’abord à Mayence, en Allemagne, puis à Sidi Bel Abbès, en Algérie, avant de rejoindre durablement la métropole en 1963. Au fil des décennies, l’école accompagne les transformations de l’ALAT et adapte ses missions aux évolutions des matériels, des doctrines et des besoins opérationnels. 
Cette évolution se reflète également dans ses appellations successives. D’abord École de Spécialisation de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (ES ALAT) en 1957, elle devient l’École d’Application de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (EA ALAT) en 1963, puis prend son appellation actuelle d’École de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (EALAT) en 2009. Aujourd’hui, l’EALAT constitue un pôle majeur de formation et de transmission des savoir-faire de l’aérocombat. Placée sous l’autorité du Commandement de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (COM ALAT), elle s’appuie sur deux principales implantations en métropole : la Base École Général Navelet, à Dax, et la Base École Général Lejay, au Cannet-des-Maures. À ce dispositif s’ajoute également le centre de formation franco-allemand des mécaniciens Tigre, implanté à Fassberg, en Allemagne. Les deux bases école métropolitaines remplissent des missions complémentaires. Dax assure principalement la formation initiale des pilotes d’hélicoptère, notamment sur EC120, tandis que le Cannet-des-Maures est davantage tourné vers la formation tactique. Cette organisation permet d’accompagner les élèves tout au long de leur parcours, depuis l’acquisition des fondamentaux du pilotage jusqu’à la préparation aux exigences opérationnelles de l’aérocombat.

La Base école Général Lejay, une école au cœur de l’ALAT :
Le 19 mars 1963 marque une étape majeure dans l’histoire de l’EALAT, avec son installation sur le plateau du Cannet-des-Maures, dans le Var. Le choix de ce site repose notamment sur des conditions météorologiques et aérologiques favorables, ainsi que sur la diversité des reliefs environnants, qui offrent un cadre propice à l’instruction. Depuis le site du Luc, l’EALAT remplit trois missions fondamentales. 
La première mission concerne la formation tactique et la spécialisation des personnels navigants en les accompagnant dans l’acquisition des compétences nécessaires à leur future affectation opérationnelle et en les faisant entrer progressivement dans le monde de l’aérocombat. Il ne s’agit plus ici de seulement savoir piloter un hélicoptère, mais bien d’apprendre à l’intégrer dans un environnement tactique, à travailler en équipage et à coordonner son action avec les autres moyens engagés. Selon leur orientation dans le cursus de formation, que ce soit la manœuvre et l’assaut aéromobile, l’appui et la destruction ou la reconnaissance et l’attaque, les élèves apprennent à conduire une mission, à travailler en équipage, à exploiter les systèmes embarqués, à appliquer les procédures et à prendre en compte les contraintes propres à leur environnement opérationnel. Cette progression les conduit du pilotage de la machine à la maîtrise de son emploi tactique, en cohérence avec les missions qu’ils seront amenés à remplir en unité. La deuxième mission concerne la formation technique et le soutien aéronautique. L’EALAT instruit une part importante des mécaniciens et techniciens chargés de l’entretien et du maintien en condition opérationnelle des hélicoptères. Ces spécialistes jouent un rôle essentiel dans la disponibilité des appareils : derrière chaque équipage en vol se trouve une chaîne technique dont les compétences conditionnent directement la capacité à remplir les missions. Enfin, la troisième mission réside dans l’adaptation des formations aux évolutions des matériels, des doctrines et des besoins opérationnels notamment en termes d’interopérabilité. Les enseignements doivent tenir compte des retours d’expérience, des nouvelles menaces et des progrès technologiques afin de préparer les personnels aux réalités du combat contemporain. Cette démarche accompagne également l’arrivée de nouvelles générations d’hélicoptères, à l’image du H160M Guépard, dont les systèmes numériques et les équipements de mission appelleront une évolution des méthodes d’instruction. 
La BEGL constitue par ailleurs un lieu privilégié de coopération interarmées et internationale. La formation des personnels appelés à servir sur des appareils communs à plusieurs armées, comme le NH90, favorise le partage des compétences et l’harmonisation des pratiques. La coopération franco-allemande autour de la formation des équipages Tigre illustre également cette volonté de développer des savoir-faire partagés et une meilleure interopérabilité entre partenaires. Enfin, la base s’appuie sur un environnement aéronautique adapté à l’ampleur de ses activités. Ses infrastructures, ses moyens de soutien et l’accès à des zones d’entraînement aux reliefs variés et autorisant les évolutions à très basse altitude permettent de conduire des activités aériennes denses et diversifiées.

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

NH Industries NH90-TTH Caïman - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Moyens aériens et outils de simulation sur la BEGL :
L’EALAT met en œuvre une flotte d’hélicoptères particulièrement conséquente et variée tout en étant complémentaire. Le site du Cannet-des-Maures compte ainsi près d’une vingtaine de Fennec, utilisés pour l’instruction intermédiaire et le perfectionnement, une dizaine de Gazelle, ainsi qu’une douzaine de Caïman et autant de Tigre. Le Cougar fait également partie des appareils utilisés dans le cadre de la formation dispensée par l’EALAT. Toutefois, les besoins étant plus limités, aucun appareil de ce type n’est stationné en permanence sur la base. En fonction des besoins de l’instruction, quelques machines peuvent toutefois y être détachés de manière ponctuelle depuis le 5e Régiment d’Hélicoptères de Combat (5e RHC), basé à Pau.La gestion d’une flotte d’appareils aussi diversifiée impose une organisation et une coordination rigoureuse entre la direction des vols, les équipes de maintenance et les unités chargées de l’instruction afin de garantir un niveau élevé de disponibilité dans les meilleures conditions de sécurité.
L'instruction en vol est indissociable du recours massif aux moyens de simulation. Ces derniers occupent une place de plus en plus importante dans le cursus et permettent aux élèves de se familiariser avec les procédures, de répéter les manœuvres et de s’entraîner à gérer des situations complexes, notamment les incidents et les urgences, sans mobiliser systématiquement un appareil en vol. La simulation offre également la possibilité de reproduire différents scénarios tactiques et de confronter les équipages à des situations exigeantes dans un environnement maîtrisé. Les élèves peuvent ainsi apprendre de leurs erreurs, approfondir leurs connaissances et acquérir les bons réflexes avant de les mettre en pratique en vol réel. En associant les séances de simulation aux heures de vol, la BEGL dispose de deux moyens complémentaires pour faire progresser les futurs équipages. Cette combinaison permet de préparer les élèves aux différentes situations qu’ils pourront rencontrer en opération, tout en optimisant l’emploi des appareils et les moyens consacrés à leur formation.
À noter qu’au cours de leur carrière, les personnels navigants de l’ALAT sont régulièrement amenés à approfondir leurs compétences et franchir de nouvelles étapes dans leur parcours professionnel. Au Cannet-des-Maures, l’EALAT accompagne cette progression à travers des formations au commandement et différents stages destinés à préparer les équipages à des fonctions à plus haute responsabilité. Parmi ces qualifications figurent notamment celles de chef de bord et de chef de patrouille. Pour le pilote, cette évolution est significative. Il ne s’agit plus seulement de maîtriser son propre aéronef, mais aussi d’élargir sa compréhension de la mission, d’anticiper les évolutions de la situation tactique et de jouer un rôle central dans la prise de décision. Dans ce contexte, les outils numériques et les moyens de simulation constituent des leviers précieux pour développer les compétences individuelles et collectives. À ce titre, le simulateur collaboratif EDITH (Entraîneur Didactique Interactif Tactique Hélicoptère) permet d’entraîner les équipages à la coordination, au partage de l’information et à la prise de décision collective en situation opérationnelle simulée.

Aérospatiale AS-555UN Fennec - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Le Fennec, un jalon essentiel du cursus de formation :
Après leur formation initiale à Dax, les jeunes pilotes de l’ALAT poursuivent leur apprentissage au Cannet-des-Maures, où le Fennec occupe une place importante. Cet hélicoptère léger biturbine, dérivé de la famille Écureuil, leur permet de consolider leurs acquis et d’aborder des techniques de pilotage plus complexes avant de rejoindre leur future filière de spécialisation. Grâce à sa motorisation biturbine et à ses équipements de bord, l’appareil constitue un support de formation adapté à l’apprentissage de nouvelles procédures et à la gestion d’une charge de travail plus importante. Une part essentielle de l’instruction porte sur le vol aux instruments (IFR). De jour comme de nuit, les stagiaires apprennent à naviguer sans référence visuelle extérieure, à réaliser des approches aux instruments et à appliquer les procédures adaptées aux différentes situations de vol, y compris en cas d’urgence. Entré en service dans les forces au début des années 1990, le Fennec permet également d’aborder des évolutions tactiques, notamment le vol à basse altitude et les premières notions de vol en patrouille. Les élèves apprennent à prendre en compte le relief et à coordonner leurs actions avec les autres appareils. Autant de compétences qui demandent de la rigueur, de l’anticipation et une bonne capacité d’analyse. Le passage sur Fennec constitue une étape importante dans la progression des stagiaires. Les instructeurs évaluent leur maîtrise du pilotage, le respect des procédures ainsi que leur aptitude à prendre des décisions. Les compétences acquises contribuent à préparer les pilotes à la suite de leur parcours, en fonction de leur spécialisation, notamment sur Gazelle, Tigre ou Caïman.
Au-delà de la formation, le Fennec conserve un intérêt opérationnel pour l’école. Son coût d’exploitation plus modéré permet de réaliser certaines heures de vol sur une machine plus légère, tout en limitant la sollicitation des hélicoptères plus lourds et plus coûteux. Il peut ainsi servir d’appareil complémentaire pour l’entraînement et le maintien des compétences de certains équipages déjà qualifiés.

Les Gazelle toujours d'attaque :
Bien que l’armée de terre poursuive un processus de modernisation de ses moyens, la Gazelle continue d’occuper une place particulière au sein de l’ALAT. Entré en service dans les années 1970, cet hélicoptère léger a marqué plusieurs générations d’équipages et s’est illustré dans de nombreux engagements. Reconnaissance, observation et attaque : sa polyvalence lui a longtemps permis de répondre à des besoins opérationnels variés. Compacte et maniable, la Gazelle s’est notamment imposée comme un appareil adapté aux missions nécessitant discrétion et réactivité. Équipée de missiles HOT dans certaines versions, elle a pendant longtemps constitué le fer de lance de la lutte antichar.
Malgré son ancienneté, elle reste encore aujourd’hui une plateforme particulièrement apprécié capable de rendre de précieux services. Au Cannet-des-Maures, l’école Gazelle contribue à la formation des équipages. Les stagiaires y apprennent par exemple l'art du voler au plus près du sol en utilisant le relief pour masquer leur approche. Ils apprennent à anticiper les contraintes de l’environnement, à maîtriser leur machine dans des conditions variées et à appliquer les principes fondamentaux du combat aéromobile.
La gestion d’une flotte vieillissante, mais toujours fortement sollicitée, impose aux équipes de maintenance un haut niveau d’expertise et une parfaite maîtrise des appareils. Au Luc, le maintien en condition opérationnelle des Gazelle constitue également un véritable support pédagogique pour la formation des futurs mécaniciens aéronautiques. Grâce à une architecture mécanique relativement accessible, la Gazelle permet aux élèves techniciens de se familiariser avec les fondamentaux du diagnostic et du dépannage. Une première étape essentielle avant d’intervenir sur des appareils plus récents, dotés de systèmes automatisés et de technologies plus complexes.

Sud-Aviation SA-342M Gazelle - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

L’École Franco-Allemande Tigre, une coopération européenne unique :
L’histoire récente de la Base École Général Lejay est étroitement liée à celle du Tigre. Créée officiellement le 1er juillet 2003, l’École Franco-Allemande Tigre (EFA) concrétise la volonté de l’armée de terre française et de la Bundeswehr allemande de mutualiser la formation de leurs équipages sur cet hélicoptère de combat développé dans le cadre d’un programme industriel commun. Organisée autour d’une structure intégrée réunissant des personnels des deux nations, elle repose sur un objectif partagé : développer des compétences communes tout en tenant compte des spécificités opérationnelles de chaque armée. Célébrant ses vingt ans en 2023, l’école témoigne de l’ambition initiale de cette coopération, qui a nécessité de rapprocher deux cultures militaires, deux organisations et des traditions aéronautiques distinctes.
Au-delà de la mutualisation des infrastructures et des moyens d’instruction, l’enjeu consiste à former des équipages capables de maîtriser un même appareil, tout en conservant les savoir-faire propres à leur nation. Car si les Tigre français et allemands reposent sur une plateforme commune, leurs configurations et leurs doctrines d’emploi présentent des différences significatives. En France, le Tigre a été décliné en deux principales versions : le HAP (Hélicoptère d’appui protection) et le HAD (Hélicoptère d’appui destruction). Conçues pour répondre aux besoins de l’appui aux forces terrestres, de la protection et de l’engagement d’objectifs, ces versions disposent notamment d’un canon de 30 mm en tourelle sous le nez, dont l’orientation peut être asservie au viseur de casque, ainsi que de paniers à roquettes de 68 mm. Le HAD bénéficie en outre de capacités renforcées pour l’engagement air-sol, notamment grâce à l’intégration du missile AGM-114 Hellfire. Selon la version et la configuration retenue, l’armement peut également comprendre des missiles air-air Mistral. La version allemande UHT (UnterstützungsHubschrauber Tiger), ou KHS (KampfHubSchrauber Tiger), répond à une approche différente, historiquement axée sur la lutte antichar et l’engagement à distance. Dépourvu de canon en tourelle, le Tigre allemand se distingue par son viseur panoramique Osiris, installé au-dessus du rotor principal. Cette architecture permet à l’équipage d’observer et de désigner des objectifs tout en limitant l’exposition de l’appareil, notamment en exploitant les masques du terrain. Son armement repose principalement sur des missiles antichars guidés, tandis que des paniers à roquettes de 70 mm, des pods mitrailleuses de 12,7 mm ou des missiles air-air Stinger peuvent compléter sa configuration selon les besoins.
Ces différences techniques traduisent des choix doctrinaux distincts et se répercutent directement sur la formation des équipages. L’emploi du Tigre exige en effet bien d’avantage que la seule maîtrise du pilotage. La complémentarité entre le pilote et le chef de bord, l’exploitation des capteurs, l’analyse de l’environnement tactique et la coordination avec les autres moyens engagés constituent des dimensions essentielles de la conduite d’une mission. Les équipages doivent être capables de traiter un volume important d’informations, de partager une représentation cohérente de la situation et d’adapter leurs décisions à l’évolution de l’engagement. Dans cette perspective, la simulation occupe une place importante au sein du cursus. Elle permet de répéter les procédures, de travailler la synergie en cockpit et de confronter les équipages à des situations complexes, parfois difficiles à reproduire en vol. Ces entraînements complètent les séances pratiques, consacrées notamment au pilotage tactique, à la navigation à basse altitude et à la mise en œuvre du système d’armés. Le vol nocturne constitue également un volet important de la préparation opérationnelle, afin de développer les compétences nécessaires à l’exécution de missions dans des conditions de visibilité réduite, pour plus de discrétion. L’ensemble vise à former des équipages capables d’assurer des missions de reconnaissance armée, d’escorte aéromobile et d’appui aux forces terrestres, ainsi que d’employer les capacités de combat propres à leur version du Tigre.
Cependant, après plus de deux décennies, cette coopération franco-allemande aborde un tournant décisif. En 2023, l’Allemagne a annoncé le choix du H145M pour remplacer ses Tigre, dans un contexte marqué notamment par des difficultés de disponibilité de sa flotte et par des coûts élevés de maintenance. Cette décision ouvre alors la voie à un retrait progressif des appareils et du personnel allemands ainsi qu’à une évolution de l’organisation de la formation au Luc. Leur départ de la base varoise est envisagé à l’horizon 2028, un calendrier qui reste à apprécier au regard de l’avancement du programme de remplacement et des modalités de transition retenues.

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Le Centre de formation interarmées NH90 :
Sept ans après l’arrivée du Tigre, la formation des équipages franchit une nouvelle étape avec la mise en place, le 1er juillet 2010, du Centre de Formation InterArmées NH90 (CFIA NH90) au Cannet-des-Maures. L’arrivée de cet hélicoptère de nouvelle génération au sein des forces françaises s’accompagne en effet de besoins pédagogiques spécifiques, liés à la complexité de ses systèmes et à la diversité de ses missions. Le centre a pour vocation de mutualiser une partie de la formation des équipages et des personnels techniques de l’armée de Terre et de la Marine nationale. Les NH90-TTH (Tactical Transport Helicopter) de l’armée de Terre et NH90 NFH (NATO Frigate Helicopter) de la Marine nationale partagent en effet une même famille technologique mais répondent cependant à des besoins opérationnels bien différents.
Appartenant à la famille des hélicoptères de manœuvre et d’assaut, la vocation première du nh90 est d’assurer la mobilité des forces, le transport de personnels et de matériel, ainsi que différentes missions de soutien opérationnel. Derrière cette polyvalence se trouve un appareil dont l’exploitation repose sur une architecture complexe mêlant une avionique moderne, des systèmes numériques intégrés et un niveau élevé d’automatisation. La maîtrise du NH90 implique une connaissance approfondie des systèmes embarqués, une gestion rigoureuse des informations et une coordination étroite entre les membres de l’équipage. C’est précisément pour répondre à ces exigences que le CFIA NH90 a été créé, en regroupant au sein d’une même structure plusieurs volets de la formation : un socle commun destiné aux équipages de l’armée de Terre et de la Marine nationale, une instruction spécifique à la version terrestre NH90-TTH, et enfin la formation technique des personnels de maintenance des deux armées.
L’objectif du CFIA est de former des personnels capables d’exploiter et de maintenir un hélicoptère moderne, dont l’efficacité repose autant sur ses technologies que sur le savoir-faire de ses équipages et de ses mécaniciens. Pour les équipages, il s’agit non seulement de maîtriser les systèmes de l’appareil, mais aussi de comprendre la place du NH90 dans l’organisation opérationnelle. La préparation d’une mission de transport tactique au profit des forces terrestres ne répond pas aux mêmes contraintes que la conduite d’une mission aéronavale depuis un bâtiment de la Marine nationale. L’environnement, les procédures, les interactions avec les autres unités et les exigences propres à chaque mission déterminent donc une partie importante du cursus. La formation s’inscrit également dans une logique collective. Dans le domaine du transport et de la manœuvre aéromobile, l’efficacité d’un vol dépend autant des qualités de l’appareil que de la coordination entre l’équipage, les unités transportées, le commandement terrestre et les autres aéronefs engagés. À cette instruction opérationnelle s’ajoute un volet technique indissociable de l’emploi du Caïman. La complexité des systèmes embarqués impose aux mécaniciens une formation approfondie, indispensable pour assurer le suivi des appareils et contribuer à leur disponibilité.

Premiers tours de piste sur NH90 Caïman :
L’accès au poste de pilotage du NH90 marque une étape importante dans le parcours d’un pilote d’hélicoptère de l’armée de Terre. Après une première expérience acquise sur des appareils plus légers, la qualification sur ce nouvel aéronef impose un changement d’échelle, tant par ses dimensions que par la complexité de ses systèmes et les exigences du travail en équipage. Les stagiaires qui rejoignent le cursus NH90 disposent déjà de solides bases en pilotage, acquises notamment sur Fennec. Mais la transition vers le Caïman ne se résume pas à la prise en main d’une machine plus imposante. Son avionique évoluée, ses commandes de vol électriques et le niveau d’automatisation de ses systèmes nécessitent une assimilation approfondie de son fonctionnement.

NH Industries NH90-TTH Caïman - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Avant même de rejoindre le cockpit, les élèves entament donc une phase théorique consacrée à l’étude des principaux systèmes de l’appareil et de leurs interactions. Cette préparation s’appuie sur des répliques de cockpit interactives et des simulateurs, qui permettent de répéter les procédures de mise en route, la gestion des différents systèmes et le traitement des alarmes. L’objectif est de familiariser les stagiaires avec leur nouvel environnement de travail, mais aussi de développer des automatismes indispensables à la conduite du vol. Le simulateur permet également d’aborder la répartition des tâches entre les deux pilotes et la coordination avec le mécanicien navigant. Sur un appareil de cette catégorie, la communication au sein de l’équipage et la bonne gestion des informations jouent un rôle essentiel dans la sécurité et l’efficacité des opérations. C’est ensuite sur l’hélicoptère réel que les connaissances acquises prennent toute leur dimension. Nous avons pu assister, dans le cadre de ce reportage, au premier vol d’un élève pilote sur NH90. Avant de rejoindre l’appareil, l’instructeur et son élève procèdent à un briefing détaillé, destiné à préparer chaque étape de cette première séance en vol. Le déroulement de la sortie est passé en revue, depuis les vérifications pré-vol, la météo et les check-lists de démarrage jusqu’aux exercices qui seront réalisés pendant l’heure de vol prévue. Les échanges portent également sur les procédures de sécurité et les points de vigilance propres au Caïman : écoute du démarrage pour détecter toute anomalie, vérification du système de freinage, rappel des procédures d’urgence et contrôle des éventuelles anomalies signalées par les systèmes de bord. La gestion des vitesses et les précautions à respecter lors du freinage font aussi partie des éléments abordés. L’instructeur insiste par ailleurs sur les particularités du comportement de l’appareil lors des phases de décollage et d’atterrissage, notamment sur la tendance du NH90 à prendre appui sur sa roue arrière gauche lors du décollage, ainsi que sur la nécessité de bloquer la roulette avant dans l’axe lors de l’atterrissage. Autant de détails qui peuvent sembler secondaires pour un observateur extérieur, mais qui participent pleinement à la maîtrise de la machine et à la sécurité des évolutions. Ce briefing constitue un moment essentiel de la formation. Il permet à l’élève d’anticiper les différentes phases du vol, de connaître les actions attendues et de se préparer aux éventuelles difficultés, tandis que l’instructeur s’assure de sa compréhension des procédures et des consignes. À première vue, ce premier vol peut sembler relativement classique : pas de manœuvres spectaculaires ni de scénario tactique complexe, mais une succession d’exercices destinés à découvrir progressivement le comportement de la machine. Pour le pilote aux commandes, cette première sortie constitue pourtant une étape déterminante. Les premiers exercices permettent de se familiariser avec les réactions de l’appareil, ses dimensions et les sensations propres à son pilotage. Les essais de roulage au sol précèdent les premières translations, les rotations et les tours de piste. Progressivement, l’élève apprend à maîtriser les déplacements de l’hélicoptère dans toutes les dimensions, à contrôler ses trajectoires et à coordonner ses actions avec celles du second pilote. Ces exercices, élémentaires en apparence, sont essentiels pour acquérir les repères nécessaires à la conduite d’un appareil de cette taille. Ces premières évolutions peuvent paraître modestes. Pourtant, chaque exercice répond à un objectif précis et permet aux instructeurs d’évaluer la progression du stagiaire. Pour l’élève il s’agit là de comprendre les réactions de la machine, d’affiner son pilotage et d’acquérir progressivement les automatismes nécessaires à son exploitation. Cette première prise de contact ne constitue toutefois que le début du cursus. Une fois les fondamentaux maîtrisés, la formation s’oriente progressivement vers des exercices plus exigeants, directement liés aux missions opérationnelles de l’appareil. Le programme aborde notamment le vol à très basse altitude, la navigation sous jumelles de vision nocturne ou encore les posés sur des zones confinées. Autant de compétences nécessaires aux missions de manœuvre et de transport tactique que les futurs pilotes seront amenés à conduire en unité.

NH Industries NH90-TTH Caïman - Aviation Légère de l'Armée de Terre

NH Industries NH90-TTH Caïman - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Nouvelle organisation :
En 2019, une première réorganisation modifie le statut du CFIA NH90. Celui-ci cesse d’exister en tant que formation administrative indépendante et est intégré à la Base École du 2e Régiment d’Hélicoptères de Combat (BE 2RHC). Son escadrille de maintenance accompagne cette évolution et continue d’assurer la disponibilité des NH90 destinés à l’instruction.
Une nouvelle étape est franchie le 1er juillet 2025. La BE 2RHC prend officiellement le nom de Base École Général Lejay, retrouvant ainsi l’appellation historique du site tout en s’inscrivant dans une réorganisation plus large de la formation au sein de l’EALAT. Cette évolution ne signifie pas la disparition des filières de formation existantes, mais leur intégration dans une architecture commune. Les structures développées successivement autour des différents appareils et spécialités sont désormais regroupées au sein d’une organisation destinée à mieux coordonner les moyens humains, pédagogiques et techniques. La nouvelle organisation de la BEGL s’articule notamment autour de plusieurs entités, dont deux centres dédiés à la formation sur hélicoptères :
Le Centre de Formation des Hélicoptères de Reconnaissance et d’Attaque (CFHRA), chargé de la formation sur Tigre et Gazelle.
Le Centre de Formation des Hélicoptères de Manœuvre et d’Assaut (CFHMA), qui regroupe notamment les filières de formation sur Caïman et Cougar.
À ces deux centres s’ajoute le Centre de Formation de Spécialisation Aéronautiques (CFSA), qui participe à la formation des personnels spécialisés dans les différents domaines de l’aéronautique militaire. Des escadrilles de maintenance sont également rattachées aux filières concernées afin d’accompagner les besoins liés à l’instruction et à la disponibilité des appareils. Derrière ce changement d’organisation se dessine une même logique : rapprocher les différentes spécialités de l’aérocombat au sein d’une structure commune. Le regroupement des différentes filières doit ainsi permettre de mieux articuler les formations et de préparer la base aux évolutions à venir. Car si le Tigre et le Caïman occupent aujourd’hui une place centrale, un nouvel appareil se profile déjà à l’horizon : le H160M Guépard, appelé à renouveler une partie des capacités de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre.

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Le Guépard, prochaine révolution :
Le H160M Guépard constitue sans doute le programme qui va le plus transformer la BEGL au cours des prochaines années. Son arrivée annonce une évolution profonde des méthodes de formation, des compétences techniques et des infrastructures de l’EALAT. Développé par Airbus Helicopters dans le cadre du programme d’Hélicoptère interarmées léger, le H160M Guépard est la déclinaison militaire du H160. Il a vocation à devenir une plateforme commune aux trois armées françaises (sans oublier la Gendarmerie et les douanes), tout en intégrant des équipements et des configurations adaptés aux spécificités opérationnelles de chacune. À terme, il doit contribuer au renouvellement de cinq flottes d’hélicoptères : le Fennec, la Gazelle, le Puma, le Panther et le Dauphin.
Pour l’aviation légère de l’armée de Terre, cette transition marque une étape majeure. Le Guépard doit apporter des capacités largement supérieures aux plateformes d’anciennes générations notamment en matière de détection, de navigation, de communication et de traitement de l’information. Reposant sur une architecture numérique de nouvelle génération, il intégrera notamment une avionique issue du système FlytX de Thales, ainsi que des équipements adaptés aux besoins militaires. Selon les configurations retenues, ils pourront également recevoir des capteurs et des systèmes spécifiques, dont le radar AirMaster C et le système d’armes modulaire HForce. L’enjeu est de permettre à l’équipage de disposer d’une meilleure connaissance de son environnement, de traiter plus efficacement les informations disponibles et de s’intégrer pleinement dans un dispositif de combat connecté.
Dans l’ALAT, le H160M est appelé à intervenir dans un large éventail de missions, de la reconnaissance armée à l’appui-feu, en passant par l’infiltration d’équipes spécialisées et le commandement embarqué. Il viendra ainsi compléter les capacités du Tigre et du Caïman, en renforçant la cohérence de l’ensemble des moyens de l’aérocombat. Pour l’EALAT, l’enjeu est désormais d’anticiper cette évolution.
Former les futurs équipages Guépard ne consistera pas seulement à leur apprendre à piloter un nouvel appareil. Il faudra également les préparer à exploiter des systèmes numériques intégrés, à interpréter les informations issues de différents capteurs et à maîtriser de nouveaux outils d’aide à la mission. L’équipage devra ainsi développer une approche plus intégrée de la préparation et de la conduite des opérations, toujours en coordination avec les autres acteurs du combat aéroterrestre.
Cette évolution concernera aussi les mécaniciens. La sophistication croissante des systèmes embarqués, la place accrue de l’électronique et l’exploitation des données de maintenance nécessiteront l’acquisition de nouvelles compétences. Les personnels devront se familiariser avec des procédures de diagnostic adaptées à cette génération d’appareils et avec de nouvelles méthodes de soutien technique. Pour l’école, il s’agira d’adapter progressivement les formations afin de garantir la maîtrise des opérations de maintenance, mais aussi la disponibilité technique des futurs hélicoptères. Cette transformation humaine et pédagogique s’accompagnera d’une évolution des moyens de formation. L’adaptation des infrastructures de la BEGL, le développement de moyens de simulation et la mise en place d’installations adaptées aux opérations de maintenance constitueront autant de leviers pour préparer l’arrivée du Guépard.
La première livraison de H160M destinés à l’armée de Terre est prévue à la mi-2029, selon le calendrier annoncé. Cette échéance donne désormais une perspective concrète à la transformation de la BEGL. En préparant dès aujourd’hui ses pilotes, ses mécaniciens et ses infrastructures, l’EALAT anticipe bien davantage que l’arrivée d’un nouvel hélicoptère : elle prépare l’évolution de ses savoir-faire et de ses méthodes de formation au service de l’aérocombat de demain.

NH Industries NH90-TTH Caïman - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Sud-Aviation SA-342M Gazelle - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Orange is the new style. Pourquoi les hélicoptères de l'EALAT portent-ils des bandes orange ?
Pour qui observe les hélicoptères évoluer dans le ciel varois ou ceux stationnés sur le tarmac du Cannet-des-Maures, un détail attire immédiatement le regard : les larges bandes orange qui ornent une grande partie des appareils de l’EALAT. Loin d’être un simple choix esthétique, ces marquages répondent à une consigne spécifique appliquée aux aéronefs d’instruction. Aujourd’hui, une grande partie de la flotte de l’école arbore ces couleurs caractéristiques. À la différence des livrées tactiques, conçues notamment pour favoriser la discrétion opérationnelle, ces bandes de couleur vive privilégient la visibilité. Leur objectif est de faciliter le repérage et l’identification visuelle des hélicoptères, aussi bien en vol qu’au sol. Elles constituent ainsi un marqueur distinctif des appareils évoluant dans le cadre des activités de formation. Dans un espace aérien fréquenté comme celui du BEGL où se succèdent les vols d’instruction, les tours de piste et les séances d’entraînement, rendre les appareils plus facilement repérables contribue à la sécurité des évolutions, en complément des procédures de circulation aérienne et de la vigilance des équipages. Ces bandes orange apportent donc un repère visuel supplémentaire aux équipages et aux autres usagers de l’espace aérien, tout en permettant de reconnaître plus aisément les hélicoptères de l’école. De ce fait, ces marquages sont devenus bien plus qu’une touche de couleur dans le paysage aéronautique du Cannet-des-Maures. Il constitue une véritable signature visuelle de l’EALAT, directement liée à sa mission de formation. Une manière de rappeler que, si les hélicoptères de l’école préparent les équipages aux exigences du vol opérationnel, leur apprentissage repose aussi sur une priorité permanente : la sécurité.

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

À travers la diversité de ses formations, de ses moyens aériens et de ses savoir-faire, l’École de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre demeure un acteur central de la préparation des forces aéromobiles de demain. Entre transmission de l’expérience, adaptation aux évolutions technologiques et anticipation des futurs besoins opérationnels, l’EALAT poursuit sa transformation sans perdre de vue sa mission première : former des équipages et des techniciens capables d’évoluer dans un environnement toujours plus exigeant. Avec l’arrivée prochaine du Guépard, une nouvelle page s’apprête à s’écrire au Cannet-des-Maures, au service d’un aérocombat en constante évolution.

Nous tenons à adresser nos plus vifs remerciements à la capitaine CARMINATI et à la lieutenant SIMON pour leur accueil et leur disponibilité sans faille, ainsi qu’au Sirpa Terre, au COM ALAT et à tout le personnel de la cellule communication de la BEGL, qui nous ont permis de réaliser ce reportage dans des conditions optimales. Un grand merci de nous avoir permis d’effectuer deux vols particulièrement instructifs et enrichissants, qui ont largement contribué à la qualité de ce reportage.
__________________

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

NH Industries NH90-TTH Caïman - Aviation Légère de l'Armée de Terre

NH Industries NH90-TTH Caïman - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

NH Industries NH90-TTH Caïman - Aviation Légère de l'Armée de Terre

NH Industries NH90-TTH Caïman - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Sud-Aviation SA-342M Gazelle - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Sud-Aviation SA-342M Gazelle - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

NH Industries NH90-TTH Caïman - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Sud-Aviation SA-342M Gazelle - Aviation Légère de l'Armée de Terre

NH Industries NH90-TTH Caïman - Aviation Légère de l'Armée de Terre

NH Industries NH90-TTH Caïman - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

NH Industries NH90-TTH Caïman - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Aérospatiale AS-555UN Fennec - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Sud-Aviation SA-342M Gazelle - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

NH Industries NH90-TTH Caïman - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

NH Industries NH90-TTH Caïman - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Sud-Aviation SA-342M Gazelle - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Aérospatiale AS-555UN Fennec - Aviation Légère de l'Armée de Terre

NH Industries NH90-TTH Caïman - Aviation Légère de l'Armée de Terre

NH Industries NH90-TTH Caïman - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Sud-Aviation SA-342M Gazelle - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Sud-Aviation SA-342M Gazelle - Aviation Légère de l'Armée de Terre

Eurocopter EC-665 Tigre HAD - Aviation Légère de l'Armée de Terre

NH Industries NH90-TTH Caïman - Aviation Légère de l'Armée de Terre

↑Back to Top